Différences culturelles : les Australiens versus les Français

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Quand on est expat, on s’amuse toujours à comparer les traits de personnalités des uns face à ceux des autres. Qu’est-ce qui, dans la culture australienne, est si différent de la nôtre ? Après un an et demi dans le pays, on se lance dans quelques comparaisons. Bien sûr, il s’agit de généralités et il n’est pas question de dire que toute une population agit exactement de la même manière, il est néanmoins indéniable que des différences existent. Car, on a beau avoir une culture proche des Australiens, une culture « occidentale », les comportements diffèrent tout de même beaucoup, selon nous.

En voiture, sur l’autoroute ou en ville

Sur la route, des cons il y en a partout, c’est certain. En France ET en Australie. Quand on a fait le tour du pays, on peut dire qu’on roulait lentement, aux alentours de 90 km/h. La faute à notre vieux van et à sa consommation, et puis hein, on avait le temps ! Précisons que la plupart des autoroutes sont limitées à 110 km/h seulement en Australie, à part dans le Northern Territory (130 km/h). Et globalement, on a trouvé que les Australiens roulaient très vite. Des radars il y en a, mais pas au milieu de nulle part à 500 bornes d’une ville j’imagine. Les distances sont tellement grandes qu’on peut aussi comprendre leur propension à vouloir tracer sur la route !

Ceci dit, malgré cette vitesse relative, les Australiens demeurent patients et polis sur la route. A part peut-être les conducteurs de road-train, qui n’hésitent pas à vous coller aux fesses comme pour vous montrer qu’ils peuvent vous manger tout cru. Autre catégorie d’impolis, les « bogans », autrement dit les kékés, qui à bord de leur tuture tunée font le plus de bruit possible et adorent emmerder le monde. Hasard ou coïncidence, nous avons majoritairement eu affaire à eux dans les villes moyennes d’environ 20 000 habitants.

Mais dans les grandes villes, à Melbourne et ailleurs, on est toujours surpris par la discipline des conducteurs. Vous voyez quand le feu est vert et que de l’autre côté du carrefour la voie est bouchée, que cela n’avance pas ? Et bien les Australiens restent sagement au feu, même s’il est vert, puisque cela n’avance pas au loin. Ainsi, ils ne bouchent jamais (ou rarement) la circulation une fois que le feu des voitures à la perpendiculaire passe au vert. Chapeau non ? Car en France, je n’ai presque jamais vu ça… Non en France on se poste même sur les passages piétons même en cas de bouchon. Ben on sait jamais on pourrait notre piquer notre place ! Par contre, je ne sais pas à qui revient la palme du nombre de passages au feu orange foncé/rouge !

Dans les relations avec les autres

Les Australiens sont généralement de nature très conciliante et pas du tout conflictuelle. Avec le temps, on a remarqué à quel point ils ne pouvaient s’empêcher d’être résolument optimistes, même quand il n’y a aucune raison de l’être. Un bon « buddy » australien vous dira toujours « no worries », pas de problème, on va vous réparer ça, on va vous trouver du boulot, on va vous faire un visa etc. Du coup, tout étonnés que nous sommes, nous ressortons toujours super confiants d’une conversation importante avec un Australien, « oh le mec il avait l’air sûr de lui alors ça va être bon, ça va marcher ». Et bien non. Vous n’êtes pas préparé du tout quand finalement on vous dit que ça ne va pas être possible… Vous voyez le topo ?

En France, on est de nature plutôt cash et pessimiste, il n’y a pas de faux espoirs possibles. Du coup, on a personnellement un peu de mal à s’adapter à la méthode australienne, car la chute est beaucoup plus sévère ensuite. Mais, il faut savoir que les Australiens ne disent pas à mal, ils sont simplement naturellement très optimistes, et le plus souvent sympathiques.

Ici, les Français comparent souvent les Australiens aux gens de Sud de la France : faciles au premier abord, très causants. Les Aussies adorent parler aux autres, aux inconnus, de la pluie et du beau temps principalement, mais c’est très important pour eux. Par contre, on dit aussi qu’il est plus difficile d’aller au fond des choses, que ceci n’est que surface et qu’il est plus compliqué de devenir amis. Pour l’instant, on ne peut pas contredire cette théorie.

Les Australiens sont loin de tout, c’est le cas de le dire

Il est difficile de se rendre compte à quel point on se sent loin des problèmes du monde, en Australie. Il faut dire que sur le plan géographique, on est bien loin des Etats-Unis, de l’Europe et du reste du monde (à part la Nouvelle Zélande, mais ça ne compte pas). Du coup, ce qui se passe ailleurs, ça reste bien flou pour tout le monde. Il y a bien sûr des journaux qui parlent de l’actualité internationale, mais il y en surtout beaucoup qui s’en tapent pas mal… Le quotidien gratuit à Melbourne, Mx, est loin du format du 20 minutes en France. Il ne contient que de l’actualité locale, culturelle, people, faits divers locaux. Les news, les « vrais » problèmes (les quoi ?), c’est pas leur truc !

A la TV, ce n’est pas mieux, vous n’avez pas idée de ce qu’est un journal télévisé. Bien sûr il y a toujours un petit mot sur le gouvernement australien, en particulier sur les querelles entre le Premier Ministre et le Chef de l’Opposition. Et sinon ? Sinon, on vous parlera plutôt d’accidents de voiture, de décès accidentels, de vol à l’arrachée, de la météo, des faits divers en général. Avec Pierre, on hallucine souvent à la vue des JT, qui sont ridiculement inintéressants et auto-centrés. Cela renforce grandement l’idée qu’on est loin des problèmes planétaires… Ici, l’économie est plutôt bonne, il n’y a pas de conflit sociaux majeurs, et on vit plutôt bien l’immigration, je dirai même plus, ils en ont besoin. Quelque part, cela fait beaucoup de bien tant de légèreté. C’est du stress et de la morosité en moins, après tout.

« Le travail, c’est bien, mais il faut pas que la bringue en souffre »

Cette phrase, empruntée à notre ami Hugues, s’applique plutôt bien aux Australiens, je trouve. En France, on se plaint beaucoup de l’administration des horaires, on pense qu’on ne travaille pas assez. Si vous le pensez, vous n’êtes jamais venu en Australie ! Bien sûr, il y a des gens qui travaillent de longues heures ici, mais il s’agit souvent… d’étrangers. Et oui, paraît-il que les Australiens ne sont pas souvent prêts à travailler au-delà du schéma 9h – 17h. Et de fait, ces horaires de travail sont très courants à Melbourne, qu’on soit ingénieur comme Pierre ou dans l’édition comme moi. C’est normal. A Paris, on n’ose même pas partir avant 19h dans certains boulots.

Pour les Australiens, le temps libre est très important. Ils sont bien payés, mais ont de côté assez « lazy » (faignant), tout de même. Ce n’est pas pour nous déplaire au contraire. Cela s’explique peut-être le fait qu’une soirée ici commence bien plus tôt qu’en France. Il n’est pas rare que les Australiens dînent à 18h, en particulier les familles et les personnes âgées. Dîner au restaurant après 22h est hors de question, même à Melbourne, ou alors dans les fast-food habituels. Dans les plus petites villes, ne comptez pas dîner au restaurant après 21h. C’est ainsi, les Aussies sont des couche-tôt. Si bien que dans les bars et les pubs, les gens sont parfois bourrés très très tôt. D’ailleurs, l’happy hour est également décalée, elle court de 17h à 19h en général.

De la patience, beaucoup de patience

Quant aux administrations, ne vous imaginez pas qu’elles sont davantage ouvertes qu’en France, c’est faux. Ici, les postes ont des horaires variables, mais en moyenne il s’agit de 8h30-16h30 et la plupart ne sont pas ouvertes le samedi, même le matin. Si bien que quand vous travaillez, cela est extrêmement difficile de vous rendre à la Poste, même dans une ville de 4 millions d’habitants. Il en est de même pour les services de l’immigration et d’immatriculation, et même pour les banques. Une seule de nos agences bancaires est ouverte le samedi à Melbourne. Le reste de la semaine, les banques ferment à 16h ou 17h, la plupart des magasins à 17h30 au plus tard.

Si vous allez dans ces différents bureaux, vous verrez qu’il y a souvent la queue aussi. Et pourtant, les clients semblent beaucoup moins râleurs qu’en France. Je n’ai jamais entendu quelqu’un se plaindre, ou faire un scandale, alors que je l’ai vécu plusieurs fois en France. Non, ici on attend patiemment, on laisse même passer des gens. J’aime beaucoup cette mentalité. Ceci dit, on remarque parfois que les Australiens n’en pensent pas moins, mais jamais ils n’oseront le dire tout haut… Mais les Français, en bons latins, ne la fermeraient pour rien au monde ! Même dans les transports, qui sont parfois en retard aussi, personne ne dit rien. Le tramway est incroyablement long, le train s’arrête pendant des plombes sans même indiquer aux voyageurs pourquoi, mais non, pas de longs soupirs, les gens en profitent pour lire et on entend les mouches voler. Et ça, c’est un vrai choc culturel quand on revient de 5 ans à Paris !

Et vous, quelles différences avez-vous remarqué entre Aussies et Frenchies ?

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À propos de l’auteur

Fondatrice du site Tour du Blog et rédactrice principale, je partage avec vous ma passion des voyages à travers nos carnets de route et autres astuces.
Si cet article vous a plu, retrouvez tous mes posts par ici : A propos d'Adèle

5 commentaires

  1. Très intéressant cet article, j’avais une petite question: de retour du Canada, j’ai observé que leurs transports publics (cars et trains) ne sont pas supers ponctuels, pour les cars, nous avons pris 4 cars et 3 sont arrivés avec des retards supérieurs à 30 minutes…

    En France, on se plaint souvent des transports SNCF, RATP, mais au final j’ai l’impression que c’est pire à l’étranger (moins de moyen?), souvent SNCF/RATP sont les souffres douleurs du fait de leurs statuts sont considérés parfois comme privilégiés …

    Sur la dimension des transports publics, avez vous un comparatif France vs Australie ?

    • Déjà de retour ?
      Alors, on n’est pas des experts en transport public australien, car on prend majoritairement le vélo et l’année dernière on avait une voiture. Ceci étant dit, on a quand même pris le tram et le train un certain nombre de fois, et je pense que la fréquence de passage est assez ridicule. Certes, Melbourne est 3 fois moins peuplée que Paris, mais bon… Si tu rates un tram à 18h, tu attends le prochain plus de 10 minutes, en centre-ville (et le tram c’est le meilleur moyen de circuler en ville ici). Le train, c’est pire. Ici les transports publics sont très nombreux en période de pointe, mais après ya plus personne. Il y a bien sûr des retards mais je n’ai rien noté de particulier, ça arrive quoi. Ce qui est sûr c’est que quand ça arrive, les gares et les conducteurs n’informent pas toujours les voyageurs, et les gens attendent sagement ! Tu penses que c’est dû à quoi au Canada ? Manque d’organisation, bouchons ? En tout cas ici, le manque de fréquence et de lignes fait que beaucoup de gens ont une voiture. J’imagine que c’est aussi le cas au Canada.

  2. Les Français n’ont absolument pas idée de la qualité de leurs transports publics. Ils n’ont d’ailleurs pas idée non plus de la qualité de vie de leur pays tout court. Comme l’a dit Adèle ici les transports sont propres mais personnellement je trouve que la fréquence des trams est vraiment ridicule ; ça m’est arrivé en pleine heure de pointe d’attendre 15mns sur une des lignes de tram principales. Ça fait que les transports sont quand même généralement assez blindés. Aussi ils mettent un temps infini pour aller d’un point A à un point B ; des feux partout, et surtout des arrêts tous les 100m… Oui, les australiens n’aiment pas marcher !

    Aussi on râle sur la RATP mais j’ai déjà été bloqué une fois 1h30 pour quelqu’un malade dans le train, et c’était surréaliste : PERSONNE n’a moufté, bougé, ou même fait un soupir. Des gens sont sortis se disant que ça irait plus vite à pied, voilà, c’est tout. Encore plus délirant, la station ne s’est pas retrouvée engorgée par ce bordel, non c’était calme et désert : incompréhensible !

    Bon par contre y’a quelque chose d’indéniable aussi : les transports ici sont bien plus propres.

    Pour répondre à ta question sur le statut RATP / SNCF et une équivalence ici, ben y’a beaucoup moins de classes et de catégorisation des gens ici ; c’est pas les gens du privé contre les fonctionnaires, les gens qui bossent contre « les assistés », les riches contre les pauvres et vice-versa, les vieux contre les jeunes et vice-versa… BREF, voilà. Ici y’a pas trop de classes et pas trop de préjugés du genre « ah oué RATP fonctionnaire syndicaliste quoi ! ». De toute façon je pense qu’ici chez Yarra Trams ils sont pas fonctionnaires, c’est un consortium privé / public qui régit le truc.

    Enfin pour terminer le comparatif, il faut comparer aussi la géographie en tant que telle. Melbourne est une des villes les plus étalées du monde, Paris est elle une des villes les plus densément peuplée du monde, l’agglomération est trois fois plus grande que celle de Melbourne… Ça fait que les réseaux de transports sont très différents, le réseau parisien est à mon avis bien plus compliqué à gérer, c’est ça que les gens arrivent pas à comprendre à Paris quand ils râlent sur la RATP. A Paris quand y’a un grain de sable sur un métro, qu’il passe au bout de 3mns au lieu de 1mn30 à l’heure de pointe, ça y est c’est le merdier. Ici ils ont le réseau de tram le plus important du monde, mais c’est juste qu’ils vont à perpète et y’a moins de « blackout » comme on peut avoir à Paris ; si y’a pas de tram ou de train pendant 20 minutes ça passe.

  3. Christophe le

    Tous ces commentaires sont très justes. Le choc culturel principal pour les Français-e-s est lié à la quasi absence de conflits et de récriminations dans le quotidien australien. C’est extrêmement reposant quand toutes classes sociales confondues, les gens se montrent globalement respectueux envers vous. Bien sûr il y a une forme d’hypocrisie dans ces bonnes manières mais tout le monde y gagne en sérénité… L’Australie est aussi un pays beaucoup moins clivé que la France en termes de classes sociales. L’égalitarisme et le multiculturalisme de la société australienne constituent un pied de nez aux Français dont la devise contient pourtant le mot Egalité…

    • Tour du Blog le

      Bonjour Christophe, merci pour ton commentaire. Je suis totalement d’accord avec ton point de vue ! En Australie on ose moins se dire les choses, les relations sont par conséquent moins franches mais cela rend la vie plus sereine effectivement. En bons Français on aurait envie de les secouer un peu parfois 😀

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