La vie en van versus la vie en ville

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Si le retour à une vie normale de citadin qui travaille (ou non) a son côté agréable après une coupure d’un an, il tranche complètement avec notre train-train quotidien en van autour de l’île-continent. Pour bien comprendre cette transition et notre état d’esprit actuel, retour sur notre aventure si intense !

La vie en van

Vous savez qu’on s’est baladés partout à bord de notre cher Gogh, qu’on ne l’a pas quitté un instant pendant de longs mois. On a vu défiler des paysages c’est sûr, mais plus qu’un transport, notre van représente un mode de vie à part entière, un foyer même.

Chaque jour on se réveille à bord de notre camion, à l’arrière se trouve un grand lit (qui consiste en une planche de bois et un matelas pour BZ par-dessus) pas vraiment conventionnel mais finalement très confortable. Pierre l’a fabriqué de ses mains, tout de même ! Je dors le long de la carrosserie, Pierre près de l’entrée latérale (du vide donc). Gravité ou pas, je me retrouve assez régulièrement sans couverture ! Nous avons suffisamment de place, mais le véhicule n’est pas toujours garé sur une surface toute plane. En Australie, on a déjà la tête en bas, pas la peine d’en rajouter !

Une journée typique

Tous les matins, on sort de notre nid douillé pour aller préparer le petit-déjeuner à l’arrière, dans la partie cuisine. Le cooker installé, on fait chauffer de l’eau pour se préparer un petit thé, accompagné de muesli et de fruits. Après, la session « on se débrouille comme on peut pour se laver » commence : lavage de dents à l’air libre, installation de la douche solaire, douche à l’eau froide en bord de plage ou toilette à la bassine. Une heure et demie ou deux après le réveil, nous voici près à prendre la route vers notre prochaine destination.

Petit déjeuner à bord du van en Australie

Petit déjeuner à bord du van

Après avoir vérifié les niveaux d’huile et d’eau pour être sûr de faire bonne route, on file. Généralement, celui qui ne conduit pas travaille sur le blog, les articles ou les photos, ou bien se renseigne sur le Lonely Planet pour visualiser un peu la suite du voyage. On prépare très peu, on sait rarement où on sera le lendemain, et même le soir même, mais cela nous convient très bien comme cela, on va où le vent nous portera ! Et puis on n’est pas des rapides alors mieux vaut ne pas trop anticiper ! Le midi, souvent en visite ou sur la route, on se fait des sandwichs ou une salade, et on ne s’en lasse même pas ! En général, c’est vers 18h que notre journée se termine, il fait nuit, il est temps de gagner un camp ou de trouver un endroit où manger. On cuisine tous les soirs ou presque, s’il fait beau on se lance dans un wok de légumes, des pâtes bolognaise ou un risotto. Continuer à faire des bons petits plats est important pour nous, se contenter de soupes chinoises toute l’année, non merci ! Le cubis de vin nous accompagne pour notre dîner quotidien sous les étoiles… Un moment agréable toujours cassé par la nécessité de faire la vaisselle à l’eau froide dans le noir. Une fois la corvée effectuée, nous voici de retour dans notre nid douillé, souvent sous les coups de 21h30. Dans le van, pas d’électricité, alors on a juste le temps de faire un peu d’ordinateur, par exemple de regarder un film, avant de dormir, en attendant de recharger les batteries en roulant le lendemain. Tout ceci est une machine bien huilée finalement. Même s’il y a tous les jours un nouveau décor et son lot d’imprévus, une « routine dans la non-routine » finit par s’installer.

La qualité de vie en plein air dépendante de la météo

Le camping en van au Kosciusko National Park

Le camping en van

En mai, dans le centre rouge, comme on l’appelle ici, et en juillet/août en Tasmanie et dans le sud-est, les nuits sont fraîches, très fraîches. Il gèle même une fois, au nord d’Alice Springs. Bien sûr ce n’est pas du niveau des hivers en France. Mais, dans ces cas-là, le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne dort pas très bien, même tout habillés, et que le dîner se fait court. On réchauffe une soupe, prépare de la semoule vite fait bien fait, et on mange « au chaud » dans notre van bien aimé ! La fin de notre parcours s’est déroulé l’hiver, en route vers le sud (donc vers le froid). Quand il pleut, qu’il vente, on y pense fort, à ce futur appartement qui nous attend à Melbourne. Les pieds dans la boue, à peine une torche pour s’éclairer, l’humidité qui atteint le van, la saleté qui nous gagne… Et non, ce n’est pas tous les jours facile, la vie de nomade.

A vrai dire quand on se lance dans cette aventure, on imagine que les bons côtés du camping sous le soleil face à la mer. Il y a ça, bien sûr, et puis il y a les nuits sur une aire d’autoroute, les nuits de squat en ville, les nuits où l’on croise des gens étranges (ou des dealers !), les nuits où des souris s’invitent à bord… Bref, des nuits comme ça. Le jour, c’est tout de suite mieux. On roule (en moyenne 160 km par jour), on se balade, on fait nos courses. Ah, et on fait nos besoins dans des toilettes sèches, on ne se lave pas toujours. Oui, c’est aussi ça ! Se laver sous une douche froide quand il fait beau ça passe, quand c’est l’hiver, c’est juste bon pour attraper une pneumonie !

La liberté

Et oui, nos vacances relevaient plutôt du nomadisme et ce n’était pas le grand luxe, on vivait très simplement. Mais après tout, c’est ce qui fait qu’on a tant aimé cette expérience. Parfois tout va bien, parfois il n’y a rien qui va, c’est ce qu’il y a de si enrichissant dans un voyage pareil au bout du compte. C’est le lot de galère et d’inconfort qui fait que l’on apprécie énormément les moments où tout va bien. On ne considère plus rien comme acquis, et on se rend compte qu’une douche chaude ou une prise de courant, ce n’est pas un dû, ce n’est pas une évidence.

Et quoiqu’il arrive, on était là l’un pour l’autre. Et, ce qu’on retient après coup, c’est à quel point on était libres comme l’air, libres sur les routes australiennes, libres de nos journées entières, sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit ! Il n’y a rien de plus grisant que la liberté.

Un brin de nostalgie

Du coup, la première chose que l’on a sûrement perdue en redémarrant une vie « normale », c’est notre liberté. Et c’est certainement ça le plus brutal à accepter. On essaie de se dire qu’on l’est toujours, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Pas le choix, il faut se lever le matin, qu’on en ait envie ou non ! La ville, le monde, les transports, les factures, la fatigue, le stress, qu’on en était loin au milieu de rien avec pour seule perturbation un opossum qui venait piquer notre bouffe ! Il y a moins d’un mois, on vivait dans un camion en pleine nature, et personne ici dans cette nouvelle vie ne se l’imagine, mais c’était bien et drôle quand on y repense. Nostalgie quand tu nous tiens !

En parlant de nostalgie, après un an ensemble non-stop, la transition est un peu difficile. Être tout le temps l’un sur l’autre n’a pas toujours été facile ceci-dit, mais il faut se réhabituer à des journées en solo. Aujourd’hui on a repris le travail et chacun se retrouve dans sa bulle.

La vie en ville

Shrine of Remembrance

Shrine of Remembrance

Le retour à la réalité a bien sûr ses bons côtés. Il y a un mois je rêvais de tout cela. Un chez-soi au chaud, une salle de bain, une cuisine, de la lumière, des prises électriques… Tout plein de petites choses qu’on n’imagine pas qu’elles puissent un jour nous manquer ! Aujourd’hui, on peut se satisfaire de peu, un tel voyage nous a, du moins je crois, enlevé l’envie de superflu. Même si on est un peu perdus au départ, on peut vite reprendre ses bonnes vieilles habitudes ! La vie à Melbourne prend les mêmes allures que n’importe quelle ville : travail, ordinateur, télé, dodo, courses et quelques activités ci et là… A nous de rendre cette nouvelle vie aussi captivante qu’un voyage !

Il faut tout de même avouer que vivre à Melbourne n’est pas comparable avec la vie à Paris. Ici en Australie, l’attitude « no worries » (pas de problème) prédomine. Les journées de travail sont courtes, les salaires conséquents, les parcs et le sport omniprésents, les sorties et activités culturelles également, et la mer est seulement à 5 km. L’immobilier est très cher, mais pour beaucoup ici il reste possible d’avoir une petite maison à deux pas de la ville et de la mer.

Dans ces conditions, ça fait du bien de tourner une page, pour en ouvrir une autre. Après ma vie de nomade au bout du monde, ma vie d’expatrié. Le voyage va certainement très vite nous manquer, mais je crois qu’il faut un break pour pouvoir apprécier au mieux ce qu’on l’on vit, ce que l’on voit, ce que l’on a. On sera d’autant plus heureux de repartir après quelques temps passés à turbiner ! Et vous, vous avez vécu une expérience similaire ?

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À propos de l’auteur

Fondatrice du site Tour du Blog et rédactrice principale, je partage avec vous ma passion des voyages à travers nos carnets de route et autres astuces.
Si cet article vous a plu, retrouvez tous mes posts par ici : A propos d'Adèle

2 commentaires

  1. Coucou Adèle !

    Merci pour ce chouette retour d’expérience. Ca donne vraiment envie de vivre ça durant une telle durée. De notre côté on va découvrir ça à plus petite échelle car on vient d’acheter un vieux combi VW t2 🙂

    Bon vent à vous 2 pour cette nouvelle vie 😉

    Bises

  2. Salut Titi ! Merci à toi pour ton message 😉
    Oui j’ai vu les photos de votre super combi Denver, y’a plus qu’à faire un tour d’Europe avec… En plus il m’a l’air bien plus confortable que le notre ! Vous allez faire la course avec celui de Cécile ? 😀
    Bonne route à tous les 2 !

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