Uluru et Kata Tjuta, des cailloux magiques

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Uluru (ou Ayers Rock), est l’un des sites touristiques les plus visités d’Australie, certainement avec l’Opéra de Sydney, la Great Ocean Road et la Grande Barrière de Corail. Et pourtant, on s’attendait à croiser bien plus de touristes ! Peut-être que le mois de juin n’est pas le plus prisé, mais tout de même. Le rocher reçoit 450 000 visiteurs par an, ce qui reste raisonnable quand on le compare à la Tour Eiffel (même registre de hauteur !) qui en reçoit environ 6 millions chaque année ! Dans l’ombre d’Uluru et à environ 40 km, s’élancent les Kata Tjuta (ou Monts Olgas), tout aussi fascinants.

Yulara

Depuis 1984 les touristes sont tous installés dans le quartier général de Yulara, situé à 20 km d’Uluru et 55 km de Kata Tjuta. Il y a plusieurs hôtels, un camping, un supermarché, une station-service, des restaurants, une vraie petite ville montée de toute pièce. Nous avons choisi de dormir dans un grand camp gratuit à 28 km de là, une bonne alternative au camping de Yulara qui s’élève à 36 dollars la nuit pour deux sans électricité…

Sur place, il y a bien évidemment un centre d’information aux visiteurs pour avoir un premier aperçu des mégalithes, mais aussi de la faune et la flore de la région, et de l’histoire des aborigènes locaux, les Pitjantjatjara et Yankunytjatjara, qui se font appeler Anangu. Près d’Uluru, se trouve un Centre Culturel bien plus complet sur le sujet. Les aborigènes sont aujourd’hui propriétaires des terres et les louent à l’état.

La situation est assez ambiguë, puisque la gestion du parc est jointe entre les Anangu et l’Etat. Les premiers demandent aux touristes de ne pas grimper pour respecter leur culture, les seconds recommandent de ne pas le faire non plus parce que c’est vraiment dangereux (36 personnes sont mortes en montant par le passé) et cela dégrade le rocher. Mais malgré tout, à moins qu’il y ait trop de vent, il est possible de monter ! Pour notre part, même si la vue d’en haut doit être exceptionnelle, nous avons décidé de ne pas monter, par respect pour ce site sacré et pour sa protection.

Uluru ou Ayers Rock

Lever de soleil sur Uluru

Lever de soleil sur Uluru

Entrée principale, Uluru

Entrée principale, Uluru

Uluru, qu’on le veuille ou non, c’est un peu le site incontournable de l’Australie. Il s’agit d’un inselberg en grès, c’est-à-dire un relief isolé qui domine une plaine, une île-montagne peut-on dire aussi. Il a été découvert par les occidentaux en 1873 seulement et est aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco, qui a inscrit plus largement le parc national d’Uluru Kata Tjuta. On pourrait penser qu’il s’agit du plus grand de son genre au monde, mais non, le plus grand monolithe s’appelle le Mont Augustus, atteint 1 106 m et se situe dans le Western Australia…

L’accès au parc national d’Uluru-Kata Tjuta coûte 25 dollars par personne pour 3 jours, de loin le parc national d’Australie le plus cher, mais cela vaut assurément le coup de débourser un peu…

Kantju Gorge, Uluru

Kantju Gorge, Uluru

Uluru change de couleur au fil de la journée, au fil des saisons et de la météo. C’est peut-être aussi ce qui rend ce fameux rocher aussi mythique et unique. Les touristes ne manquent en général pas le coucher du soleil, voire le lever du soleil pour les courageux. Nous l’avons fait : debout vers 6h30 du matin, 3 degrés à tout casser dehors (en juin), près de 50 km de route à faire pour rejoindre le site de lever du soleil au sud-est d’Uluru, glacés et emmitouflés sous des plaids ! Sur place il y a beaucoup de monde, le soleil émerge vers 7h30 du matin. Il y a un côté très agréable et un brin mystique à le voir avant le lever du jour et à observer le paysage se réveiller et les couleurs changer doucement. C’est au final très différent du coucher du soleil, où Uluru est très rouge et semble s’éteindre d’un coup, s’endormant avec le soleil. Le site du lever du soleil n’est pas très bien orienté, on ne voit qu’une petite partie du rocher s’éclairer quand le soleil dépasse l’horizon. Comme toujours, la masse de touristes part très vite, on se retrouve vite seuls à profiter de ce moment !

A Uluru, il n’y a pas 36 alternatives possibles, soit on grimpe, soit on fait le tour du rocher (10,6 km), soit on visite simplement une partie dont la gorge de Kjantu. Ceux qui ne prennent pas le temps de visiter le centre culturel et de comprendre l’importance du site pour les aborigènes sont certainement les mêmes qui décident de grimper Uluru… Certains s’en moquent, d’autres font semblant de ne pas le voir, parce qu’ils crèvent d’envie de monter au sommet de ce rocher majestueux. Certaines personnes emmènent même des morceaux d’Uluru, mais selon la légende, elles deviendront maudites… D’ailleurs, nombre de chapardeurs ont ensuite renvoyé le fruit de leur larcin aux aborigènes, s’excusant et expliquant les malheurs qui se sont abattus sur eux ensuite… On peut même lire ces fameuses lettres au centre culturel ! Uluru est un site sacré, il appartient aux aborigènes. Ils demandent aux touristes de ne pas y toucher, par respect pour leur culture, c’est la moindre des choses après tout ce qu’ils ont subi depuis l’arrivée des blancs, il nous semble ! En plus, côté environnement c’est pas mieux, la grimpette pouvant sérieusement abîmer le caillou à force. Et nous, on préfère qu’il subsiste le plus longtemps possible !

Grotte, Uluru

Grotte, Uluru

Flanc nord, Uluru

Flanc nord, Uluru

Du coup, nous voici partis pour faire la boucle autour d’Uluru, soit 10,6 km de long, sans compter deux petits crochets. La marche est très facile, juste longue, il faut compter 3h30. On y découvre, en plus d’un immense mégalithe de 348 m de haut, des gorges, des grottes, avec un certain nombre de peintures rupestres. Certaines grottes étaient destinées aux femmes, d’autres aux hommes, toutes ont une histoire. Au nord d’Uluru en particulier, certaines zones sont si sacrées qu’on ne peut les approcher, et encore moins les prendre en photo. Comme souvent, les aborigènes ne doivent pas avoir connaissance des rituels du sexe opposé. Pas sûr que tout le monde y obéisse ! Néanmoins, c’est vraiment sympa de faire cette marche et de se rendre compte qu’Uluru n’est finalement pas qu’un gros rocher tout plat. Il est en fait assez imparfait, avec des cavernes, des trous un peu partout, et plein d’arrondis. On le voit toujours de loin en photo, et le résultat est déjà sensationnel, mais en réalité c’est encore mieux. Uuru impressionne, interroge. On a appris qu’il se poursuivait sous terre sur 5 ou 6 km ! Et qu’il s’est formé il y a environ 350 millions d’années… Nous l’avons vu orange le matin, brun la journée, rouge ou rose le soir, un vrai caméléon !

Kata Tjuta ou les Monts Olgas

Dôme de Kata Tjuta

Dôme de Kata Tjuta

Coucher de soleil sur Kata Tjuta

Coucher de soleil sur Kata Tjuta

Les petites sœurs d’Uluru sont moins connues, mais aussi belles, et aussi âgées ! Si ce n’est qu’on y trouve plein de dômes et pas un unique caillou. D’où leur nom aborigène, Kata Tjuta, prononcez kata choor-ta, qui signifie plusieurs têtes. Monts Olgas, plus faciles à prononcer, est son nom anglais. Pour bien profiter du site, il y a une boucle de 7,4 km à parcourir. Ne vous arrêtez pas au premier point de vue, ce serait bien dommage ! Il faut au moins 3h, car contrairement à Uluru, c’est assez sportif par endroit ! On serpente au milieu des têtes, on les observe de haut, on les voit sous toutes les coutures ! Ceci dit on ne parcoure qu’une infime partie du site, certainement parce que certaines zones sont trop sacrées pour être montrées au public. D’ailleurs sur ce parcours on n’observe aucune gorge ou grotte, et aucune peinture rupestre, Kata Tjuta est donc très différent d’Uluru, même s’il s’agit bien sûr également d’inselbergs.
Walpa Gorge, Kata Tjuta

Walpa Gorge, Kata Tjuta

A côté, il y a également un sentier dans les gorges, soit 2,6 km aller-retour (une petite heure). Les deux sont à faire car ils se complètent bien, ce dernier nous amène au cœur d’une gorge où s’épanouit un vrai petit jardin, on est d’ailleurs très étonnés de voir tant de verdure et d’eau ici ! Mais cet endroit se retrouve souvent à l’ombre, donc au frais, ce qui est parfait pour les plantes.

En partant de Kata Tjuta, nous sommes tombés sur une bande de dromadaires sauvages au bord de la route ! Il y en a beaucoup en Australie mais il est difficile de les voir à moins d’emprunter des pistes dans le désert. Le temps d’apercevoir un dernier coucher de soleil sur Kata Jtuta et Uluru vu des dunes à proximité des Monts Olgas, et nous voici malheureusement sur le départ. On serait bien restés plus longtemps !

Galerie photo d’Uluru Kata Tjuta

Venez découvrir plus de photos dans la galerie photo du Parc National d’Uluru-Kata Tjuta.

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À propos de l’auteur

Fondatrice du site Tour du Blog et rédactrice principale, je partage avec vous ma passion des voyages à travers nos carnets de route et autres astuces.
Si cet article vous a plu, retrouvez tous mes posts par ici : A propos d'Adèle

4 commentaires

  1. C’est possible en effet qu’Uluru et Kata Tjuta ne soient qu’un, mais je n’ai rien lu à ce sujet sur place !
    C’est sûr Frangi, je m’amuse à les qualifier de cailloux justement parce qu’ils sont immenses !

  2. Pingback : Photo du jeudi : coucher de soleil sur les Flinders Ranges | Le Tour du Blog, nos récits de voyage autour du monde !

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